Graphiste

Le parcours d’un graphiste.


En 1999, j’ai 30 ans. Je quitte la grande distribution ; l’ANPE (aujourd’hui Pôle Emploi) finance mon année « bonus » aux Beaux-Arts ; j’obtiens enfin mon diplôme, le DNAP (Diplôme National d’Arts Plastiques), qui fait de moi non plus un plasticien, mais un graphiste, avec mention.

Pour le grand public, la révolution internet est en marche depuis presque 5 ans ; les start-ups poussent comme des champignons après la pluie. À l’époque, il suffit de poser un PC au milieu d’un local pour affirmer faire partie de la rieuse avant-garde de l’ère numérique. Légion sont ceux qui vont tenter l’aventure, sans véritablement avoir de projet viable, dans l’espoir de profiter de l’essor du World Wide Web naissant. C’est une ruée vers l’or virtuel, une course aveugle, bille en tête, vers des lendemains qui déchantent. Mais cela, pour l’instant, personne ne l’envisage ; Internet est tout nouveau tout beau.

La start-up dans laquelle je vais faire mes armes est une récente « web agency » : les anglicismes font partie du package, du langage et de la discipline. Tout le monde a le rêve américain chevillé au corps. C’est la fin du XXe siècle : Bill Gates est le roi du monde et la langue de Molière n’a aucune utilité en production. À Paris, les start-ups proposent des baby-foots, des masseuses, des salles de repos et les graphistes jouent en réseau en s’empiffrant de pizzas pendant les heures de travail : l’utopie version Silicon Valley surendettée.
Notre start-up est la propriété d’un grossiste textile. Un vague cousin lui a chanté les mérites de l’économie numérique montante : potentiel exponentiel, argent facile et rapide, jackpot, en bref que du bonheur. Ce grossiste finance la mise en place de l’entreprise sans avoir la moindre idée de ce qu’il achète, ni de ce qui va être produit. Il n’a aucune connaissance en communication ni en informatique ; il a besoin d’aide pour envoyer un simple e-mail. Il n’aura que mépris pour ceux qui s’useront les yeux sur les claviers de « ses » machines. Un vrai métier, méritant son admiration, consiste plutôt à conduire ou à vider des camions de couvertures et de serviettes de bain, puis à les vendre.

J’arrive des Beaux-Arts dans ce microcosme tout neuf, coopté par un ami qui travaille déjà sur place, plein de tous ces merveilleux concepts que l’on m’a enseignés, toute cette théorie de la com’ ainsi que la vie légendaire qui va de pair.
Mes professeurs ont travaillé à Paris, dans de grandes agences de publicité et des studios de design, dans les années 70 et 80, l’âge d’or de la publicité. Leurs récits m’ont permis de me forger une image théorique faussée de mon futur métier, image que je dois confronter à la réalité de cette petite structure provinciale.
Je dois remplacer un « infographiste » démissionnaire, parti devenir concierge dans un immeuble appartenant à son père. Je vais gérer en binôme l’intégralité de la création graphique de l’entreprise. Nous somme 5 : le gérant, le chef de projet, le programmeur, un programmeur graphiste et moi.
Je reprends le poste occupé par un autodidacte. « Autodidacte » n’est pas en soi un gros mot, mais appliqué à une activité professionnelle, cela peut engendrer un certain nombre de problèmes. On parle rarement de cardiologue autodidacte ou de pilote d’avion autodidacte ; cela ne semble pourtant gêner personne de parler de graphiste autodidacte, on doit penser que la responsabilité est moindre. Mais la communication peut tuer l’entreprise qu’elle présente ; elle peut tuer ses produits, son image, sa notoriété. Mon prédécesseur fait partie de la première vague d’infographistes autoproclamés : ceux qui ont acheté l’un des premiers PC bon marché et téléchargé une version piratée de Photoshop ou d’Illustrator, ceux qui pensent avoir ainsi acquis la science, la technique et la culture qui feraient d’eux de véritables graphistes. Je les connais, j’en étais un, avant de faire le cursus approprié.
Avant de se dire « infographiste », il faut être graphiste, autrement on finit souvent par être « un faux graphiste », car l’informatique n’est qu’un outil. Parmi les autodidactes, quelques bons, peu, mais « le mien » n’en fait pas partie. Sa spécialité : le faux marbre et les dorures.

Quand j’arrive, la communication de la boîte est hideuse et kitsch. Peut-être que dans certains milieux de la capitale ce style Rococo lourd aurait pu avoir un impact décalé voire branchouille : là, c’est juste laid. Mais ça plaît, surtout à mon patron, le grossiste textile. Problème.
J’ai 30 ans, je ne suis pas encore arrivé au pinacle de mon endurcissement mental, mais quand je leur dis : « C’est moche » et « Il faut tout changer », je fais en sorte que cela finisse par être pris en compte. Je ne lâche rien. Nous sommes peut-être dans une petite ville fort éloignée des métropoles supposées personnifier le bon goût, mais certains de nos concurrents directs ont une vraie équipe de créatifs. Ici, dans « l’équipe », nous sommes 2, en réalité un et demi puisque mon collègue se partage entre le visuel et la programmation. L’image de la boîte, c’est nous. Si on garde cette communication véreuse, mis à part le fait que ça pénalise l’entreprise, c’est surtout ma réputation professionnelle – et celle de mon co-graphiste – qui va en souffrir : le graphiste est orgueilleux, très orgueilleux.
Je commence donc par refonder la charte graphique de l’agence. Quand je dis graphiste, je minimise. Vu la taille de l’équipe, je cumule à peu près tous les métiers de ma branche d’activité : créatif, concepteur rédacteur, graphiste, photographe et un peu programmateur pour couronner tout ça (je déteste la programmation).
Une clause dans mon contrat indique que je suis supposé effectuer « toutes les tâches nécessaires au bon fonctionnement de l’entreprise » : je suis donc aussi commercial suppléant et technicien de surface ; à l’occasion, je vais même décharger des camions de textile dans l’entrepôt du patron, à quelques pas de nos bureaux.

On est loin des jolies agences de com’ meublées design, atmosphère feutrée, phrases longues et alambiquées avec plein de mots savants. Ici, c’est le terroir publicitaire. Cela ne m’empêche pas d’être fier comme Artaban : je suis enfin graphiste diplômé et j’occupe un poste de graphiste professionnel ; pour peu je ferais presque la roue.
Mon illustre prédécesseur ne s’est pas contenté de massacrer la communication de notre boîte : il a étalé son incompétence baroque à la communication de l’ensemble de nos clients. C’est là qu’il faut introduire une nuance importante : ce n’est pas parce qu’une com’ plaît à notre client, en général essentiellement le patron de la société concernée, qu’elle va avoir un impact positif sur ses prospects. Nous sommes supposés forger des outils de communication qui doivent générer un bénéfice financier, direct ou indirect pour nos clients, c’est pour cela qu’ils nous payent, et à l’époque ils nous payent cher.
Le graphiste précédent avait un don pour caresser le client dans le sens du poil : des patrons de PME, petits artisans et commerçants qui font de la com’ « parce qu’il faut bien en passer par là », ou pour frimer devant les autres patrons avec un « site internet » parce que c’est le dernier truc à la mode, sans vraiment avoir conscience des enjeux, parfois sans en avoir besoin. Il suffit de leur demander leur couleur préférée et de leur faire n’importe quoi dans cette couleur pour les satisfaire. Est-ce que cela va leur apporter plus de clients, plus de chiffre d’affaires ? Non, mais ça leur plaît.
D’ailleurs, à longueur de journée, je bouffe du : « Mais tu comprends, il [mon prédécesseur] savait s’y prendre avec les clients, ça leur plaisait beaucoup, tu devrais faire la même chose ! » Faux marbre et dorures bling bling, plutôt mourir.
Je dois donc me battre à la fois contre les clients, mais aussi en amont contre ma hiérarchie. Non que cette dernière soit de mauvaise composition, mais son but est d’encaisser le chèque du contrat le plus rapidement possible, donc d’aller dans le sens du client, parce que c’est plus facile, que ça va plus vite.

Un client débarque avec un logo super moche qu’il essaye de nous imposer parce que c’est lui qui l’a dessiné, un soir, sur la toile cirée de la table de sa cuisine, la langue coincée au coin de la bouche, louchant de concentration : il faudrait laisser passer ? Là, j’interviens. Je n’ai pas toujours réussi à défendre le véritable intérêt du client, parfois j’y suis parvenu « à l’insu de son plein gré », mais je me suis battu pour lui quand j’ai pu, avec un peu d’amour propre mal placé et pas mal de mauvaise foi. Je n’ai tout de même pas réussi à empêcher certaines horreurs de voir le jour. Exemple : les couleurs du blason de la ville et du « pays » sont le rouge et le jaune, grands classiques de l’héraldique médiévale, venant d’une époque où l’on se souciait plus de la visibilité des couleurs sur le champ de bataille que de la façon dont elles s’accordent entre elles ou de la façon dont elles sont perçues. On les retrouve partout, sur les drapeaux, l’équipe de rugby et les produits locaux.
Arrive ce client, patron d’un centre de réparation automobile, qui veut un site internet. Les couleurs dominantes qu’il veut pour son site ? Rouge et jaune. Le rapport avec l’activité, la cible clientèle ? Aucun, il s’en fout, il veut du rouge et jaune. Donc écrasé par mes supérieurs, je prépare une maquette de travail entièrement à base de dégradés du rouge vers le jaune et du jaune vers le rouge : le truc qui pique bien les yeux, horrible. En poussant le raisonnement à l’absurde, je me dis que le brave client va revenir à la raison et que l’on va pouvoir aborder le projet avec un esprit neuf et constructif. Présentation de la maquette au client :
« C’est super sympa, mais ça manque un peu de rouge, et il faudrait un peu plus de jaune. » Soupir.

La 1e année se passe plutôt bien, la société prend de la masse, on embauche une secrétaire, 2 commerciaux, 2 stagiaires. Je tiens le coup, toujours fier d’être devenu ce que je suis, tout en ayant du mal à comprendre pourquoi je suis si mal payé.
Mon psy a toutes les peines du monde à me faire comprendre/accepter pourquoi ayant enfin atteint mon but professionnel, je n’arrive pas à en vivre décemment.
Le monde du travail passe de 39 à 35 heures par semaine ; le patron nous explique qu’au lieu de faire 45 heures payées 39, on va devoir faire 45 heures payées 35 : humour ?

Pendant ce temps, de nombreux concurrents sont apparus, agences et indépendants. De très nombreux graphistes ont étés formés par une pléthore de centres d’enseignement, financés par les budgets alloués à la formation des chômeurs. Comme si la demande pour ce type de qualification était infinie, sur un marché de l’emploi désormais envahi de graphistes lowcost sous-formés. En réalité, le seuil de saturation a déjà été franchi. À Paris, on commence à licencier ; d’autres graphistes, eux très qualifiés, s’exilent en province, massacrant encore un peu plus un marché devenu exsangue dans les moindres recoins du pays. La courbe de l’offre surpasse celle de la demande ; mécaniquement, les prix baissent, puis s’effondrent.
Quand le marché devient difficile, de très mauvaises décisions sont souvent prises dans l’urgence. Le gérant d’origine, gentil mais lymphatique, est éjecté par le patron. Il part travailler dans la vente d’alarmes, redoutable école de la vente au porte-à-porte, parfois aussi école de l’arnaque et de l’entourloupe. Il y fait la connaissance d’un commercial que je vais appeler Paul. Paul lui fait forte impression, Paul est un baratineur. Il recommande Paul à notre patron qui, voyant les chiffres baisser, pense que ce sera peut-être lui le sauveur de l’entreprise. Mauvais choix.
Paul est l’archétype négatif du commercial : retors, mythomane, tricheur, menteur et (mauvais) manipulateur. Bien sûr, au début, nous ne savons pas tout cela, mais nous allons très vite être mis au parfum. Il commence « gentiment », en mentant aux clients à propos de nos références. Nous qui travaillons uniquement pour des PME locales, nous nous voyons attribuer par Paul des campagnes de publicité nationales et internationales, pour de grandes marques de voitures ou des équipementiers sportifs très connus, histoire d’impressionner le chaland.
Sur sa carte de visite, il a fait imprimer « Directeur National des Ventes France », alors que nous sommes 7 salariés au total dans la société.
Paul a ses « tomates », ainsi qu’il appelle ses clients faciles à convaincre et qu’il a déjà arnaqués sur des ventes d’alarmes, clients à qui il va vendre des sites internet. Qu’ils en aient besoin ou pas.
Un café de village se retrouve ainsi propriétaire d’un site coûtant le prix d’une voiture, après que son gérant ait été convaincu par Paul qu’il pourrait y vendre des espaces publicitaires, à une époque où l’on paye encore Internet à l’heure de connexion, en forfait mensuel 5 ou 10 heures, dans un village de 5000 habitants dont la majorité ne sait pas encore ce qu’est internet.
Un petit hôtel va payer un site web une fortune, parce que Paul a corrompu l’un des associés en lui offrant une console de jeux et un PC d’entrée de gamme. Quand je suis contraint de suivre Paul sur une tournée commerciale, j’ai honte, j’ai la nausée.

Le marché continue de plonger. Paul va alors appliquer à notre activité une magouille qu’il a inventée dans les alarmes pour vendre du service à crédit, ce qui est formellement interdit. Certains clients continueront ainsi à payer des crédits pour des sites non réalisés ou n’existant plus sur internet plusieurs années après la disparition de notre société. Paul arrive par ce biais à tirer un peu plus sur une corde devenue très fine et cette politique de la terre brûlée finit par porter ses fruits amers : la réputation de notre société commence à prendre un tour sérieusement négatif.
La pression hiérarchique s’intensifie avec la peur du chiffre. Je produis à la chaîne des sites inutiles pour des clients abusés, afin de justifier d’un salaire dont les versements commencent à devenir irréguliers.
Paul tente alors d’arnaquer notre patron avec la technique dite du « frigo ». « Faire un frigo » signifie séquestrer un certain nombre de contrats signés et faire un chantage à l’augmentation auprès de sa direction : « Si vous n’augmentez pas mon salaire, vous n’avez pas les contrats. » Mauvaise idée.
Qui a commencé ? Je ne me souviens plus vraiment. Par contre, je me souviens de Paul et du patron sur le sol du bureau en train de se battre comme des chiffonniers. Tout ce petit monde finit à la gendarmerie, Paul nettement plus abîmé que notre cher patron : comme quoi décharger des camions toute la journée peut conférer un avantage stratégique dans certaines négociations salariales.
Paul, sa familiarité déplacée et son haleine anisée disparaissent du paysage. L’entreprise est sinistrée ; Paul a définitivement flingué notre réputation commerciale, nous ne trouvons pas de nouveaux clients, et tous ceux que Paul a escroqués font chauffer le téléphone à longueur de journée. L’équipe décroît, nous passons à 5 puis à 3 : le chef de projet/gérant, un programmeur et moi.
Les difficultés s’accumulent, les huissiers et les créanciers nous harcèlent, les salaires ne sont plus versés, nous attendons le licenciement économique. La société déménage pour un local plus petit.

Un matin, en arrivant, je trouve la porte de la société défoncée : nous avons été cambriolés. Bizarrement, le matériel informatique n’a pas été touché, nous pouvons continuer à travailler. Le patron fait venir un serrurier qui pose une nouvelle porte. La vie continue. Une semaine plus tard, entre midi et deux, je suis resté au bureau pour manger mes nouilles chinoises : à peu près tout ce que je peux encore me payer vu les retards de salaire. La porte s’ouvre. Sans un mot, le serrurier et son ouvrier dégondent ladite porte et s’en vont avec, non sans m’avoir jeté un regard noir : le patron n’avait pas payé la facture. Par contre, le patron s’est payé la dernière Porsche bi-turbo. Un jour, il passe au bureau et me demande si je veux faire un tour, je décline l’offre. J’aimerais juste être payé.
Plus tard, le téléphone sonne : le DRH d’une entreprise m’appelle parce qu’un certain monsieur Paul est dans son bureau, qu’il a cité notre société dans la liste de ses références. Le DRH voudrait mon avis sur ce monsieur. Je lui réponds que le patron a porté plainte contre Paul pour coups et blessures, ce qui est vrai, et que tant que l’affaire n’est pas jugée je préfère ne pas donner mon avis, mais qu’il ne trouvera probablement personne dans la société pour lui dire du bien de son interlocuteur. Ah, ce Paul, mauvais jusque dans ses recherches d’emploi ! Pitoyable.

Ma situation bancaire est pire qu’alarmante, je n’oublierai jamais mon banquier me disant que mon honneur vaut 45 euros (le montant d’un prélèvement refusé) et que je devrais envisager de casser la figure de mon patron pour obtenir mes salaires. Mauvaise idée. J’ai quelques loyers de retard et je ne peux pas démissionner si je veux « bénéficier » d’un licenciement économique.
Le comptable qui s’occupe de notre boîte fait un chantage aux feuilles de salaire car, lui non plus, n’a pas été payé : nous ne sommes plus que 3, mais nous réunissons assez d’argent pour racheter nos précieuses feuilles blanches et vertes ; nous allons enfin pouvoir encaisser la petite dizaine de mois de salaire qui nous manque, payée par le liquidateur. Prud’hommes, chômage.
Chômage de courte durée car je retrouve du travail dans une autre start-up fondée avec des amis par mon ex-co-graphiste. Pas pour longtemps cependant. Je ne tarde pas à m’apercevoir que le gérant et commercial de cette société est défoncé et alcoolisé du matin au soir. À travers les brumes de marijuana qui opacifient l’air de son bureau, il a perdu de vue depuis longtemps la gestion de sa société. Il arrive en rendez-vous clientèle puant le cannabis, ou même ivre, roule des joints en conduisant sa voiture entre 2 clients, toujours souriant. Il arrive à nous cacher pendant 3 ou 4 mois la situation catastrophique de la société qui, au niveau comptable, est déjà morte. En réalité, il n’aurait jamais dû m’embaucher. La drogue n’est pas compatible avec l’entrepreneuriat. J’ai « gagné » 6 mois de CDI en plus, dont seulement 2 me seront payés. À nouveau Prud’hommes et chômage.

L’adjectif « indéterminée » dans « Contrat à Durée Indéterminée » a pour moi une consonance traîtresse. En l’espace de 5 années : 3 CDI, 3 faillites, 3 licenciements, d’innombrables galères.
En amour comme en affaires, je ne regrette pas les échecs dont j’ai fait l’expérience car ils m’ont mené où je suis maintenant ; ils m’ont endurci et aguerri. Le résultat n’est, tout compte fait, pas si mal.
Le monde de l’entreprise a ceci de terrible qu’à moins d’y être décisionnaire, l’on n’y subit pas seulement ses propres échecs, mais surtout ceux des autres.

Je m’en sors en apprenant un nouveau métier, où cette fois je fais le pari de ne plus travailler en entreprise, celui de tatoueur. J’avance.