Galerie d'oubliés

Dans la rue

Novembre, dans une petite ville bretonne. Il commence à faire froid, le ciel est gris. Il s’appelle P., P. comme la première lettre du mot pauvre. Assis, enveloppé dans un plaid troué, son chien roulé en boule à côté de lui, il offre tout ce qu’il a : un sourire aux passants. Mais ceux qui le voient ne le regardent pas. Ils pressent l’allure, tête baissée, en le dépassant, pour s’engouffrer dans le bureau de poste tout proche confortablement chauffé, et repartir tout aussi vite vers leur voiture.

Les sourires de P. s’envolent comme des ballons dans le ciel. Il sait bien qu’ils sont perdus, mais il continue de lâcher inlassablement ses petits ballons. Peut-être un passant ayant encore une âme d’enfant essaiera-t-il d’en attraper un. Juste pour allumer une bougie dans la grisaille, pour attirer l’attention sur celui qui les offre gracieusement.

*

Janvier est arrivé. Les fêtes sont passées. Pas certain que pour ce couple accompagné de 2 gros chiens près de la porte d’un supermarché, cela ait été une période de fête. J. et D. ont chacun la trentaine. Les quelques abris de la ville sont déjà pleins, et puis ils ont des chiens. Pas de place pour les chiens. D’ailleurs, ceux-ci leur tiennent chaud. Et quand les portes automatiques du magasin s’ouvrent, ils profitent d’une petite bouffée de tiédeur. Ils sourient, saluent les passants, espérant en retour une aumône, ne serait-ce que celle d’un signe de tête. Juste pour leur dire qu’ils existent, qu’ils sont encore vivants. Mais ils n’ont droit au mieux qu’à un regard gêné, vite détourné. J’ai vu quelqu’un leur dire bonjour : ils semblaient rayonner.

*

2 hommes, la quarantaine, sont assis silencieusement près de l’entrée d’un magasin ; ils regardent passer les acheteurs et leurs sacs remplis de provisions. À l’intérieur du magasin, des employés les épient et discutent à voix basse. Dans le quart d’heure qui suit, un car de policiers se gare non loin d’eux. Les policiers se rangent en ligne, droits dans leurs uniformes, les bras croisés. L’un d’entre eux aborde le couple. Échanges calmes. Pourtant, personne n’est dupe : les employés du magasin, aidés
peut-être par des clients, les ont signalés aux forces de police. Pas de révolte, pas
même d’énervement. Ceux qui virevoltent autour d’eux peuvent protester, tempêter pour des broutilles : ce sont des consommateurs, on les protège.

On écoute les hommes, on fait semblant de les comprendre, mais ils le
savent, la décision est déjà prise. Dans quelques instants, ils ne seront plus là,
repartis vers un ailleurs incertain. Ils ont l’habitude. Ce sont des errants.

*

Fluet, le visage souriant, assis en tailleur sur un duvet élimé, il médite. Son petit chien couché à côté de lui semble l’imiter. Ils ont l’air de laisser la vie passer, s’étirer au milieu de l’océan humain.
Quand on les regarde, il salue en élargissant son sourire, comme un merci. Quand un passant lui offre quelque viatique pour lui et son chien, il remercie chaleureusement. On sent que cela vient du fond de son cœur.
Il raconte facilement son « arrivée » dans la rue : son logeur a décidé un beau jour de ne plus accepter d’hôtes accompagnés d’animaux. Lui a préféré ne pas se séparer de son meilleur compagnon.
Mais il semble confiant, en phase avec leur pauvre réalité.
C’est la vie, sa vie, leur vie, à lui et son chien.

*

2 jeunes sont assis, non loin de l’entrée d’un supermarché, sur ce qui fut jadis une couverture.
Ils ne regardent pas les passants, ni ceux qui entrent dans le magasin ni ceux qui en ressortent avec sacs ou caddies remplis.
Ils discutent, ils rient. Ils semblent heureux.

Bien sûr, le choix de leur installation n’est pas dû au hasard. Un passant plus généreux que les autres pourrait avoir l’idée de partager ses achats avec eux.
Mais l’essentiel pour ces derniers est ailleurs. Ils échangent des paroles qui semblent leur faire du bien. Peut-être partageraient-ils volontiers leur conversation si quelqu’un osait s’assoir auprès d’eux ? Peut-être lui diraient-ils de quoi est fait leur simple bonheur ? De liberté ? De simplicité ? De frugalité ?
Seraient-ils finalement plus heureux que la plupart de ceux qui passent devant eux, feignant la plupart du temps de les ignorer ?
Qu’auraient-ils donc à nous apprendre d’essentiel ?

*

Sale temps pour D. Il pleut depuis tôt ce matin, sur lui, son chien, sa
couverture qui n’en a plus que le nom, dans sa sébile où traînent quelques
pièces, probablement prélevées sur le maigre butin d’hier, pour attirer l’attention des passants. Mais les gens se pressent, avec des visages grinçants à cause du temps.

D. est le seul à demeurer impassible sous la pluie, en regardant les autres
hâter le pas vers leurs voitures. Pour lui, la pluie est comme le vent, le soleil, le froid : des aléas de la météo, l’indifférence des gens : la monnaie la plus courante et la plus abondante de ses journées. Il n’est pas résigné, il est simplement réaliste. Là d’où il vient, il sait que la pluie peut être une bénédiction, pour la terre, les cultures et même les habitants de son village. Il sait aussi que la pluie cessera et bien sûr, il appréciera.

Déracinés

Enfoncée dans son fauteuil roulant, elle attend à la porte du magasin, le regard vide. Il arrive parfois que la voix des passants la sorte de sa torpeur, mais elle les entend sans les écouter. Elle est perdue au fond d’elle-même, dans les résonances de son quotidien à la maison de retraite où elle retournera ce soir, après avoir déjeuné chez son fils. Car aujourd’hui, c’est son anniversaire. Mais a-t-elle vraiment envie de le fêter ? De célébrer sa solitude après le décès de son mari ? De se réjouir de la routine quotidienne de la maison de retraite où elle est désormais confinée ? Bien sûr, c’est elle qui a décidé de quitter son appartement pour venir là. Finir là. Ses enfants lui en vantaient les avantages depuis si longtemps : sécurité en cas
de problème de santé, repas servis, absence de soucis. Pour eux surtout. Elle
l’avait bien compris. Alors pour eux, elle a fait le pas.
Malheureusement, la réalité de ces maisons est loin d’être aussi enchanteresse que sur les catalogues. Coups de cafard, révoltes intérieures. Mais elle serre les dents et les poings.

Jusqu’au bout, elle se résignera. Pour ses enfants qui continuent de lui dire que c’est ce qu’il y a de mieux pour elle. Alors elle se réfugie dans ses souvenirs. Elle a déjà abandonné toute initiative. Elle suit le mouvement général, celui qu’on lui impose. Pour son bien… Elle aimerait bien que tout cela s’arrête enfin, pour de bon. Elle est lasse, très lasse. Mais là encore, elle n’a pas vraiment de choix.

*

Quand L. est arrivée en France, elle rêvait depuis longtemps de
démocratie. Elle avait fui son pays de dictature et de misère, même si laisser sa famille avait été un crève-cœur. L’Occident était son Eldorado.

Elle avait eu la chance de pouvoir lire des livres d’économie et de politique et pour elle, un pays qui se prétend démocratique était le seul lieu viable de la planète. Elle souhaitait plus que tout vivre cette expérience, pour un jour peut-être l’importer dans son pays.

Quand le camion du passeur l’a déposée une nuit sur un parking avec d’autres fugitifs, elle s’est sentie un peu inquiète, mais elle savait qu’au lever du jour, elle découvrirait ce dont elle avait toujours rêvé. Elle commença à s’émerveiller quand les premières voitures passèrent tôt le matin. Elle connaissait bien sûr le système de l’autostop. Elle se posta à la sortie du parking, un sourire rayonnant sur les lèvres. Ce n’est que 3 heures plus tard qu’un camion s’arrêta et que le chauffeur lui proposa de monter. Elle hésita un peu, mais elle voulait très vite voir des habitations et les gens de ce pays. Elle apprécia qu’il ne lui demande pas d’où elle venait ni sa destination finale, car elle même l’ignorait. L’aventure, la grande aventure de la démocratie commençait. Elle bredouillait quelques mots en mauvais français, celui qu’elle avait appris au cours de ses études.

Le chauffeur était très avenant, bientôt trop avenant. Au passage dans un village, elle signifia que c’était là qu’elle se rendait et ouvrit brusquement la portière. Instinctivement, le chauffeur ralentit et elle sauta à terre. Un peu troublée, elle marcha d’un pas rapide vers le centre du village et, sur
une place, s’assit sur un banc.
Où donc se trouvait-elle ? Quelque part en France, au Nord, au Sud ? Elle n’en
avait pas la moindre idée, mais compte tenu de la température, elle supposa
que c’était plutôt dans la partie nord du pays. Une dame assez âgée, au regard plus interrogateur qu’hostile, décida L. à s’enquérir d’où elle se trouvait. Jugeant qu’elle n’avait plus rien à perdre et que de toute façon, elle s’enhardit à lui raconter brièvement son histoire, omettant néanmoins de mentionner la clandestinité de son aventure. Mais la dame semblait lire entre les paroles de L. Elle lui suggéra de prendre le prochain bus où elle pourrait, auprès des services sociaux de la mairie, demander un hébergement et de l’aide. Elle lui donna même les 2 € nécessaires pour le voyage.
Auprès des services sociaux, elle dut tout avouer de sa situation. Mais elle avait toujours confiance. La suite des événements lui démontra amèrement qu’un pays, même prétendument démocratique, était loin d’être un lieu idyllique. Elle survit maintenant tant bien que mal, loin des siens. Elle apprend la dure
condition d’exilée.

Différents

N. est née de mère alcoolique, de père souvent absent car marin. On voit bien qu’elle a trinqué, elle aussi, un peu plus même que sa sœur et son
frère. Elle a épousé un marin buveur qui l’avait mise enceinte un peu trop tôt.

N. sait à peine lire, mais achète tous les jours le journal régional et ânonne
les pages nécrologiques. Au bourg, elle pourrait causer d’un mort du coin, de sa
famille, de sa vie passée. Elle ne manque jamais un enterrement, une façon
d’aller aux nouvelles et de dire, elle, ce qu’elle sait ou croit savoir. Car N. aime tricoter la vie des autres. Derrière sa fenêtre, elle épie ses voisins, les passants, elle compte les allées et venues des uns et des autres. Elle voit tout, et ainsi pense tout savoir. Et ensuite, elle « cause ». Une vraie mitraillette quand elle s’y met, les mots se bousculent dans sa bouche ! Et ce qu’elle croit avoir appris, elle court le
raconter à qui veut l’entendre.

Les « vamps », c’est ainsi qu’on les surnomme, sa sœur et elle.
Si N. savait écrire, elle aurait pu devenir célèbre avec ses légendes : légende de
sa voisine proche, célibataire, venue de la capitale, qui vit « bizarre », comme
elle dit avec son accent du terroir. Légende d’une autre voisine qui avait
épousé un Canadien : « Un Canadien ! Comme s’il n’y avait pas assez d’hommes
par chez nous ! » Mais ces 2 voisines ont déménagé, la première à quelques kilomètres, la seconde au cimetière. Ses nouveaux proches voisins sont des Allemands qui ne viennent que quelques fois par an. Pas de quoi en faire un roman, d’autant qu’ils parlent à peine français.

Le mari de N. est mort d’une cirrhose avancée. Mais elle préfère dire que c’est à la suite d’une crise cardiaque, ce qui n’est peut-être pas totalement faux. Le foie et le cœur sont parfois de connivence. Quant à sa sœur, elle est à l’hôpital avec la maladie d’Alzheimer. Et N s’ennuie. Ses deux filles viennent rarement la voir. Elle a bien essayé d’apprendre à conduire, et a même décroché son permis, nul ne sait comment, au bout de la septième tentative. Elle était fière au volant de sa petite voiture automatique, même si elle n’a jamais dépassé le bourg de son village, à 2
kilomètres de chez elle. Elle va chercher son pain, mais ne prend plus le journal : avec qui maintenant parlerait-elle de ceux qu’elle croiserait au hasard de la chronique nécrologique ? Lui reste-il seulement quelques souvenirs agréables de sa vie passée ? Prend-elle seulement plaisir à se les remémorer ?

*

Ils sont arrivés avec leurs 2 autocars aménagés sur un parking près d’une grève peu fréquentée. Moyenne d’âge : environ 30 ans. Des hommes et des femmes avec quelques chiens.
Autour d’une table de camping, ils discutent tranquillement en sirotant chacun leur petite bouteille de bière. Ils saluent au passage les autres personnes venues profiter de la mer.

Mais sur la grève, les commentaires vont bon train : des marginaux, des squatteurs, sans foi ni loi, alcooliques, avec des chiens sans doute aussi mal éduqués qu’eux. Tous les fantasmes s’en donnent à cœur joie dans les esprits frileux et bien ordonnés, chacun excitant la peur de l’autre. Quand ils regagnent leur voiture, ils lancent un regard hostile vers ces jeunes toujours attablés autour de la même bouteille de bière, leurs chiens sagement couchés près d’eux. À leurs salutations amicales, les gens détournent la tête. C’est décidé, il faut que ces parias s’en aillent. Ils souillent la tranquillité des bien-pensants.

3 jours plus tard, la police municipale effectue une ronde sur le parking, sans s’arrêter ni discuter avec eux. Elle est bientôt suivie de deux voitures de gendarmes qui les somment de quitter les lieux sans autre explication que ce parking n’est pas une aire de camping sauvage.
Ils tentent de s’expliquer : en vain.
Ils se doutent bien que ce sont les ‘braves’ gens venus jusqu’ici qui les ont signalés. Pour des raisons qui les ont maintes fois boutés de leurs lieux de bivouacs.
Ils ramassent leur maigre attirail, remontent avec leurs chiens dans leurs autocars et repartent, sans avoir manifesté la moindre agressivité physique ou verbale. Car ils sont coutumiers de ce genre de démarche.
Ils iront tenter leur chance ailleurs, pour deux ou trois jours, avant que le même scénario ne se reproduise.
Ils le savent : ils sont des errants, des apatrides.

*

F. est né autiste. Un long parcours difficile en perspective.
Comme nombre d’enfants autistes, il a été diagnostiqué très tard, trop tard. Car c’est un handicap qui fait peur, même aux médecins qui attendent d’être confrontés à l’évidence pour l’annoncer aux parents, souvent sans ménagement et sans vraie solution de traitement, hormis les neuroleptiques. Car un autiste, de par son handicap, est forcément angoissé et, par conséquence, sujet à des crises souvent violentes. Alors, il faut le calmer et tout est dit.

Un diagnostic précoce offre pourtant les meilleurs chances de faire évoluer le jeune autiste vers un maximum d’autonomie et de socialisation, et par voie de conséquence d’intégration dans les circuits normaux avec d’autres enfants, au lieu de le vouer à la marginalisation. Il progresse beaucoup plus vite grâce à la présence d’autres enfants. Et quel bienfait collatéral pour les autres qui apprennent à côtoyer la différence !

F. a donc erré d’hôpital de jour en institutions nullement spécialisées dans le problème de l’autisme, en contact d’autre handicaps qui ne faisaient qu’aggraver ses réactions incontrôlables, et dont il se faisait exclure tôt ou tard pour ‘comportement violent’. Et cela vous étonne, messieurs dames les éducateurs ? Au cas où personne ne vous l’aurait encore dit, sachez qu’un autiste est incapable d’organiser, de trier et de comprendre les informations transmises par ses sens. Alors il panique. Il souffre aussi.

Quelques médecins se sont spécialisés dans l’étude et le traitement de l’autisme et ont mis au point des méthodes qui ont prouvé leur efficacité… là où elles sont autorisées.
Car elles mettent en brèche tous les traitements neuroleptiques et psychologiques les plus généralement préconisés, redéfinissant la pathologie comme un handicap et non comme une maladie.
Difficile de se remettre en cause quand on est neurologue ou psychologue reconnu et patenté, surtout de risquer de perdre des clients !
F a la chance d’avoir une maman qui s’investit totalement depuis des années pour la mise en place d’une prise en charge vraiment adaptée aux autistes, et ce dès le plus jeune âge, avec un diagnostic précoce.

Pour éduquer un autiste, il faut beaucoup de temps, une présence et une action quasi continuelles, et donc autour de lui un personnel important. Pour l’instant, dans certains pays comme la France, les intervenants à domicile comme les rares centres vraiment spécialisés sont à la charge de parents, donc inaccessibles à la plupart d’entre eux. De surplus, combien de parents peu ou mal informés ne s’en remettent-ils pas aux conseils des pédiatres, psychiatres ou psychologues en ce qui concerne leur enfant ?

F. est maintenant un grand et bel adolescent. Un long chemin lui reste à parcourir pour accéder au degré d’autonomie qui le ferait échapper au placement dans un centre, probablement peu ou pas adapté, où il serait abruti de neuroleptiques pour pouvoir y demeurer sans troubler « l’ambiance ».

*

Lio est handicapé, classifié « handicapé mental » : vous savez, ceux qu’on ne peut « caser » nulle part parce que pas assez productifs. La fibre sociale a ses limites : le but d’une entreprise, grande ou petite, est de faire fructifier son capital. Alors, avec des gens comme ça… Lio est très amène, sociable, coopératif. Il accepte facilement de rendre service. Mais voilà : il ne travaille pas assez vite. Dans les 2 entreprises qui avaient accepté de l’embaucher, même diagnostic. Pourtant, que d’efforts il déployait pour suivre les cadences ! Mais cela le stressait terriblement. Il avait fini par déprimer et perdre le sommeil.

Admis plus tard dans un ESAT, il a commencé à se reconstruire. Là, il se sentait utile, voire compétent dans ce qu’on lui demandait. Il est soigneux et même perfectionniste. Il est aussi « touche à tout », toujours curieux de nouvelles expériences. Récemment, il s’est vu octroyer un logement. Un appartement à lui, rien qu’à lui et à son chat, son compagnon de solitude.
Lio est heureux, toujours de bonne humeur. En discutant avec lui, on peut se rendre compte qu’il a appris un tas de choses, qu’il sait utiliser à bon escient. Ainsi, il connaît les moindres détails des outils et techniques utilisés à l’ESAT. Il peut vous en parler pendant des heures. Lio est un passionné. Il pense maintenant à la retraite qui approche, et… il a déjà des projets ! Peut-être aussi a-t-il eu la chance de se sentir dans son élément : l’ESAT où il travaille est orientée vers le maraîchage.

D’autres de ses compagnons semblent moins épanouis. Ils rêvaient sans doute d’emplois différents, mais comme Lio ils se sont fait rejeter par les entreprises. Alors ils essaient de s’adapter tant bien que mal à ce qu’on leur demande. Ils emporteront avec eux leur vie rêvée. Rêves d’autonomie, de vie sociale « usuelle », rêves divers que les gens « normaux » peuvent s’offrir. Pas eux.

Toutes les vies décrites ici sont bien réelles : je les ai côtoyées. Quelques exemples parmi d’autres, trop d’autres semblables ou pires, malheureusement.