Le travail
raconté par ceux qui le vivent
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Thy Michel

Bon pour l’enseignement. Paraît-il.

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Récits

La Forteresse Examens  

Corriger des copies.

La liasse des copies, censée ne pas dépasser la cinquantaine, frôle la centaine et est à corriger en quatre jours !

Publication : 7 juillet 2016

Durée de lecture : 14 mn

Nombre de mots : 2820

C’est humain, c’est nécessaire.  

De quoi, de qui s’agit-il ? D’un enseignant. Il aurait pu raconter ça lui-même, mais c’est un numéro X qui n’a pas le temps. Qui n’ose pas non plus, des fois que les palotins de M. Ubu seraient postés derrière l’écran à le surveiller...

Publication : 13 juin 2018

Durée de lecture : 19 mn

Nombre de mots : 3810

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Ses derniers commentaires

  • Beau verbe que le vôtre, au service d’une approche aussi touchante qu’intelligente de ce métier dans tous ses aspects : professionnel, revendicatif, humain... Que douce vous soit une retraite bien méritée !

  • Votre aigreur est bien compréhensible. Si ce lycée professionnel frise le record d’inconfort et d’inadaptation (je dis : frise, parce qu’en France et Navarre, on n’est jamais sûr qu’il n’y a pas pire), il est emblématique de bien des établissements. Dans le mien, qui se veut un lycée de bonne réputation, les tableaux noirs et classes exiguës pullulent, les déconvenues matérielles ne sont pas rares et, comme presque tous nos lycées "modernes", c’est une horreur architecturale. Vous avez bien du mérite à résister sans vous décourager pour le bénéfice de vos élèves.
    Merci pour ce partage.

  • Grand merci, Vincent. Se plier à l’esprit des lois (de l’Education nationale) n’aura pas entamé le peu d’humour que la corvée décrite tend à faire disparaître dans le marasme. Et Patagouin ne signifie pas baragouin. Bon. Mais nos insubmersibles hauts fonctionnaires feront-ils la planche cet été, comme moi au large du cap Horn, sans quelque poids sur la conscience ?
    Excellente journée !

  • Comme je vous comprends ! Temps libre et tranquillité sont devenues denrées rares. Je n’ai pas fini d’en faire l’amère expérience. Au point de regretter mes temps de solitude. Il est difficile de trouver l’équilibre dans cette vie que le temps social envahit toujours plus. Jusqu’à la retraite qui nous est confisquée ! Mais à vous lire - et c’est grand plaisir -, il apparaît que vous avez la sagesse pour trouver ce passage, si étroit soit-il. N’est-ce pas le propre des poètes de savoir se toiletter l’âme des poussières du monde ? Tenez bon : c’est impérieux, la créativité !

  • Emouvante histoire, joliment écrite, où se glisse, au-delà des apparences lisses, de l’existence non la misère mais le mystère.

  • Belle plume au service d’un récit réconfortant !
    Grâce à ses enseignants (en tous cas à l’écrasante majorité d’entre eux), l’Ecole de la République se porte bien et les ZEP tiennent leurs promesses. Moi qui ai officié si longtemps dans ces eaux profondes, prétendument obscures et mal famées, je ne saurais dire aussi bien que vous comme, en effet, le plaisir d’y enseigner et celui d’apprendre y perdurent envers et contre tout, en grande partie parce que les jeunes de toutes origines s’y retrouvent avec l’envie d’y réussir et parce qu’on les y accueille humainement, avec la volonté de les écouter, de les aider et même, pourquoi pas le dire ainsi, avec une forme d’amour tout exprès pour eux, désintéressée de toute réciprocité obligée. Ils ne sont d’ailleurs pas rares à nous remercier à l’occasion. Les rétifs existent, bien sûr, mais, comme vous le dites, ils ne sont pas l’exclusivité des ZEP.
    Pages roboratives, donc, où je me suis -en toute modestie- reconnu dans ma propre expérience.
    Et dire que nos politiciens s’accorderaient presque pour débarrasser l’Etat de ses fonctionnaires !

  • Il faut du courage pour redresser bien de nos jeunes de leur veulerie ! C’est ce que vous êtes bien inspiré d’avoir fait. Cette intervention les aura fait réfléchir, car j’ai cru comprendre en vous lisant -avec plaisir- qu’ils ont eu l’intelligence de vous écouter, s’ils ne vous ont pas forcément compris. Il serait rassurant de les croire tous capables au moins de cet échange. Or, par expérience, j’en doute. En quoi l’Ecole républicaine se trouve démunie, en dépit de sa débauche d’efforts pédagogiques.

    Et pourtant... Je parle d’expérience : entre mille et cent "wesh, sa mère", ils ne sont pas rares, ceux qui vous posent ingénument la question qui vous fait briller les yeux : "Mais c’était qui, ce Jean Jaurès ?"

    De génération en génération, Sisyphe remonte le lourd rocher d’un savoir indispensable à la citoyenneté, à l’humanité, inlassablement. Et c’est là sa noblesse.

    Merci de ce témoignage, merci d’avoir saoulé ces innocentes victimes. Leur libération est à ce prix !

  • Quel courage ! Quelle patience !
    Je vais dire une chose horrible, c’est que pour qui fait ce métier, cette histoire en rappelle des centaines d’autres.
    Les "managers" de l’Education Nationale sont en hausse constante depuis les années 90. Leur capacité de nuisance est la même que dans le privé. Ils vont à la même école, celle qu’on cherche à décalquer sur le fond d’un Jules Ferry de plus en plus défraîchi. L’école des capitaines d’industrie. Ils appliquent les mêmes méthodes, procèdent aux mêmes manipulations, présentent les mêmes symptômes d’un débordement hors scrupule. Ils sont bénis par le même pouvoir, même quand il cherche à se distinguer du précédent. On se trouve démuni si l’on ne sauvegarde pas cette culture de la solidarité et de l’engagement qu’ont tenté de préserver les syndicats, pas toujours avec sérénité et clairvoyance, peut-être ; mais sans eux, ne restent que des pions, candides à décerveler.
    Face à la prolifération ubuesque de ces ego surdimensionnés, il faut témoigner.
    Merci à Clausse de l’avoir fait. Merci à raconterlavie.fr de le permettre.

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