Le travail
raconté par ceux qui le vivent
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Vicky Le Ruyet

Ayant perdu son emploi à cause de la maladie, toujours dans le combat au quotidien, contre les injustices et l’individualisme... d’une autre époque.. et passionnée par le monde "sensible". il faut vivre de ces instants trop brefs, mais intenses, le temps ne compte pas, seule la vie a de l’importance.


Récits

Mon pas sur trois jambes  

Ne plus pouvoir s’alimenter.

Je ne connais que trop bien cette sensation de faim qui ronge quotidiennement mon corps.

Publication : 31 octobre 2014

Durée de lecture : 3 mn

Nombre de mots : 650

Aide à domicile  

Pour financer ses études, une jeune fille travaille comme aide à domicile.

Je suis sa souillon, son sous-fifre, sa chose, murée dans sa cuisine.

Publication : 27 octobre 2014

Durée de lecture : 11 mn

Nombre de mots : 2290

Laissée  

Une amitié qui se brise.

Oui, je peux écouter. Ce n’est pas pour rien que j’ai passé 11 années dans les services sociaux.

Publication : 27 janvier 2015

Durée de lecture : 7 mn

Nombre de mots : 1580

Mon capital estomac  

Quand la maladie vous empêche de manger et de boire normalement, vous pensez pouvoir compter sur la médecine pour vous soulager. Mais le rouleau compresseur de l’administration en décide parfois autrement.

J’écoute sans entendre : mon traitement coûte trop cher. Du coup, je perds à la fois mon traitement et l’équipe médicale.

Publication : 26 novembre 2014

Durée de lecture : 8 mn

Nombre de mots : 1690

Les erreurs des autres  

Les démarches épuisantes pour faire valoir ses droits.

Je sollicite 2 services sociaux derechef car je préfèrerais que ma fille ait à manger de façon décente le mois prochain.

Publication : 11 février 2015

Durée de lecture : 5 mn

Nombre de mots : 1010

Ils ont aimé :


Je charge mes sacs  

Aller chercher de la nourriture au Secours Populaire.

Tout ce petit monde se renvoyait la balle, et moi au milieu, je tentais de tendre la main, juste pour que mon foyer puisse manger.

Publication : 27 mars 2015

Durée de lecture : 5 mn

Nombre de mots : 1140

Je sature  

Face à la a promesse d’une soignante.

Epuisée, couchée de la fin de matinée au lendemain, il m’était difficile de faire tourner un moteur sans eau ni nourriture.

Publication : 19 octobre 2015

Durée de lecture : 11 mn

Nombre de mots : 2200

Ils ont aimé :


Bibliothèque


Ses derniers commentaires

  • Bonjour, Une triste réalité, effectivement, comment ne pas se sentir dans un combat perdu d’avance ? perte de dignité, perte de la fierté qu’on a tous en soi, surtout lorsque cela nous tombe dessus sans crier gare. je pense que l’écho va résonner pour plusieurs personnes, victimes. Mais ce n’est pas pour autant qu’il faut se taire, car se victimiser d’actes malveillants d’autres personnes ne sert à rien. Alors oui, la claque est rude, mais il faut se relever, et continuer, car "combattue", non. Preuve en est, c’est que "la petite histoire" s’est renouvelée, pour les mêmes motifs... Mais à chemin déjà tracé, on en connait la dureté, l’apprêté, et l’adversité. C’est toujours aussi écœurant, ça fait monter une espèce de sourde colère.... Mais c’est la société qui permet ça, notre belle société individualiste, où il est plus facile de marcher sur la tête de ceux qui n’ont rien ou presque, des personnes qui travaillent, et s’en sortent "juste", sans vacances, sans loisirs, mais là, je dirai maintenant, pour "payer", dans tous les sens du terme. Heureusement, il y a des jours meilleurs, aussi, il ne faut pas rester sur ces périodes, mais elles marquent profondément, changent définitivement le regard sur certains êtres, sur certaines choses, sur certains actes. La vie quoi, avec ce qu’elle peut offrir de plus "dégueulasse" - pardon du terme - et de plus sympathique. Merci à vous. Amicalement. Vicky

  • Bonjour Pierre, je peux vous certifier qu’heureusement, tous nos actes ne réclament pas contre partie, sinon, nous serions bien égoïstes dans nos actes ... de mes 11 années dans le social, si j’en avais attendu un contre don, je me serais écroulée sous autant de petits présents très significatifs, que d’amours et reconnaissances certaines. Après, je suis effectivement terriblement exigeante avec moi même, peut être une question d’éducation, et d’endurance, tout autant que sensible. Je ne demande rien, car pour moi, un don de soi, un don d’amitié, ne demande pas de contre don, car cela va de soi, dans sa réciprocité. Il n’empêche pas que la souffrance puisse être réelle, brûlante, quand la trahison, la rupture est là. Le sentiment est bafoué, le don du sentiment que je pensais réciproque est bafoué, ça fait souffrir. Mais tout le monde a ses petites souffrances, humaines, et ces moments de trahison, où une personne très chère tourne le dos, est très fort, trop fort même. Mais c’est aussi le reflet individualiste, la manière de faire, moderne, abjecte, répréhensible à mon goût. Mais c’est comme ça, quel qu’en soit le lien, c’est aussi la vie, les facettes que l’on m’en a donné, un reflet humain, et de ces reflets bien différents est façonnée notre humanité. Je vous rassure, je suis heureuse en couple, où un sentiment d’amour fort et exprimé nous lie tous trois, avec notre fille, un foyer solide et indestructible. Bien amicalement.

  • Je ne suis certainement pas seule à le vivre, loin de là... mai aujourd’hui, je l’écris...Comme vous, je pense que ce n’est pas digne du corps médical désengagé, c’est autant honteux qu’un supplice de vivre ça en 2014 de notre ère, mais pourtant, réel, violent. Mais je ne peux pas me lever tous les matins en pensant que la journée sera rude. Nous avons tous de très bonnes raisons de trouver nos journées rudes, mais si nous nous apitoyons sur nos réalités, nous n’avançons pas,et je tiens à garder la force, le courage et la dignité de malade pour exprimer clairement et avec justesse ce vécu. Merci pour votre soutien. Vicky

  • Aussi, les combats sont longs, rudes, pénibles, mais malheureusement, toujours contre une entité démesurément grande (la raison d’Etat) par rapport à la survie difficile d’un malade, ou de deux. Porter plainte n’a fait que me faire fermer toutes les portes. C’est un constat que je mets à jour, aussi fataliste que le propos du professionnel que j’ai marqué en réponse à Clothilde... Les injustices sont grandes. Et paradoxalement, quand on cherche à se battre, on le fait seul, car le fatalisme du corps médical, nous renvoie à notre propre solitude pour continuer toujours seule, à chercher un spécialiste qui voudra nous prendre en charge,de façon humaine, et tenter de forcer les barrières et règlements administratifs. La fatalité du corps médical à courber l’échine face aux exigences budgétaires et administratives n’est pas aidante, loin de là, d’où la solitude du malade.

  • Kahina, bonjour,
    Vous ne pouvez savoir, depuis une année bientôt, quels sont tous les destinataires de mes recours, à tous les plus hauts grades de l’Etat, à ce jour toujours sans réponse. il faut savoir que certaines pathologies rares, pour lesquelles on utilise certains traitements pour des effets autres que les premières prescriptions thérapeutiques, ces recours médicamenteux qui soulagent la vie des malades, étaient tacitement autorisés. Mais pour des raisons économiques et "de remboursement des dépenses de la sécurité sociale", ces traitements là, non utilisés pour leur indications thérapeutiques premières, ne sont plus remboursés (pour les particuliers, car malgré tout, ils restent utilisés et pris en charge en milieu hospitalier, et je dois vivre aussi avec cette injustice : pourquoi est il remboursé en milieu hospitalier,et pas à domicile ? car "utopiquement", cela reviendrait à dire - et on ne me l’a jamais proposé, car irréalisable, que j’aille deux fois par jour me faire perfuser mon traitement à l’hôpital, ce qui ne serait plus une vie..).

  • Merci Clotilde, c’est bien ici ce que je décrie. Sous le prétexte d’économies, comment les maladies rares ne sont plus prises en charge (et certainement d’autres moins rares aussi), et les malades purement délaissés, jusqu’à cet ultime propos d’un spécialiste "nous sommes entrés dans l’ère de la médecine à 2 vitesses ; il y aura la médecine pour les riches, et celle pour les pauvres. Vous êtes malheureusement du mauvais côté".... Malheureusement !!

  • Merci Titine. Oui, effectivement, c’est ce que j’ai voulu montrer, comment le sentiment de douceur fourvoyé à bon escient par la personne âgée qui a toujours eu des sous-fifres ou "esclaves" . Il y a tellement d’autres exemples, mais que je n’ai pas vécus personnellement.

  • L’un des derniers à vivre d’une passion, mais ne sais tu pas que cela est interdit ? Je blague..... mais j’ai la réelle impression que tout ce qui peut faire plaisir à l’être humain, du moins, ce qui le prend par les tripes, est voué à l’échec d’une manière ou d’une autre par les règles, taxes, "normes" de la société. Fait durer ce "pied de nez" le plus possible... mais après, je te comprends... A la prochaine nouvelle, l’artiste !

  • Merci pour ce récit, court, bref, essentiel, donc le rythme versifié rythme la cadence haletante... de la fin ! Vicky